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L'étrange Noël de Mister JPol

Personne ne sut exactement quand ça commença.
Peut-être le 23 décembre, vers 18h42, quand Mister JPol se rendit compte que son agenda était vide pour la première fois depuis des mois.
Vide.
Pas une annulation.
Pas un report.
Juste… rien.

Intrigué, il sortit dans la rue. Les vitrines clignotaient.
Les gens marchaient vite, chargés de paquets et d’histoires non digérées.

Mais quelque chose clochait...

Personne ne semblait pressé d’aller mal.
Pas de disputes audibles.
Pas de soupirs dramatiques.
Pas même un couple en tension devant un rayon foie gras.

Le lendemain, il tenta d’ouvrir son cabinet. La porte refusa.

Une petite affichette apparut alors, sans qu’il se souvienne l’avoir écrite : « Cabinet fermé pour cause de fêtes. Reprise des symptômes début janvier. »

Mister JPol s’assit sur le trottoir, un peu sonné.

Il observa autour de lui. Tout semblait fonctionner.
Trop bien, peut-être.

Les passant.e.s souriaient au bon moment. Les enfants râlaient sans excès.
Les adultes plaisantaient avec une justesse presque appliquée. Même les sacs en papier se déchiraient avec élégance.

Les repas commencèrent à l’heure.
Les discussions s’arrêtaient juste avant de devenir pénibles.
Personne ne quitta la table. Les silences arrivaient, restaient, puis repartaient, comme s’ils étaient de la partie.

À Noël, puis au passage de la nouvelle année, rien ne bascula. Les douze coups passèrent sans promesse excessive. Le temps continua, simplement.
C’est là que Mister JPol comprit ce qui le troublait tant : tout allait bien sans intention, sans effort, sans justification.

Le 2 janvier, son cabinet rouvrit.
Les consultations reprirent.

Mais Mister JPol garda en lui le souvenir d’un Noël où, étrangement, les êtres humains n’avaient rien demandé de plus à la vie que ce qu’elle leur donnait déjà.

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